
Il y a un mois et demi, le tic-tac de l'horloge de 24 s'est définitivement arrêté au bout de 8 saisons, soit un total de 192 épisodes. Huit saisons pendant lesquelles les auteurs de la
série ont su nous tenir en haleine pendant 24 Heures à chaque fois, avec des cliffhangers au moment où on s'y attend le moins, de retournements de situations, des trahisons, et des décès qui font
mal. Parce que l'un des grandes forces de la série est que, mis à part le héros qui porte la série, tout personnage, régulier ou pas, peut disparaître.
Depuis plusieurs semaines, je veux dire adieu à Jack Bauer, sans jamais y arriver. Il faut dire que
24 a pour moi une signification particulière. J'ai découvert cette série au printemps 2003, et sortant d'une rupture difficile, j'avais besoin de me changer les idées. Un week-end, j'ai
regardé l'intégralité de la saison 1. Jusqu'au choc final, qui changera Jack à jamais. Comme beaucoup, je suis devenu addict dès la 1ère saison. Bien sur, à chaque nouvelle saison,
j'attendais l'automne suivant, pour commander sur Amazon.uk le coffret en VO. Si quelqu'un à un moyen de me propulser jusqu'à la fin de l'année pour que je complète ma collection, je suis
preneur. Et en attendant la disponibilité du coffret, depuis la saison 7, je suis devenu très ami avec Internet …
Mais qu'est-ce qui rend addict à la série ?
1/ La réalisation.
24 a bouleversé tous les codes des séries. En premier lieu l'unité de temps. Elle est clairement
indiquée grâce à l'horloge, qui indique l'heure qu'il est, à la seconde près. Et afin de renforcer le sentiment de tournage en temps réel, on a vu pour la première fois des split screen, où
l'écran est partagé en plusieurs mini écrans, qui montrent ce qui se passe au même moment mais à différents endroits. Quant à la réalisation, elle est dynamique, nerveuse, sans presque aucun
temps morts. La nuit est sombre, menaçante, dangereuse, tandis que le jour, la lumière du soleil californien nous ébloui, la chaleur se fait oppressante, grâce à une photo
magnifique.
2/ Les personnages
Lorsque l'on est addict à une série, on s'attache vite aux personnages. Il y a les "gentils", ceux qui
appartiennent à la CTU, ou qui l'aide à un moment ou un autre. Tels des héros dépassés par les évènements, ils sont tous porteurs de valeurs de courage, d'abnégation, de service et de sacrifice.
Pour les plus réguliers, on peut voir leur caractère évoluer au fil des saisons, et ils sont parfois confrontés à des choix difficiles, qui peuvent les faire basculer.
Il y a aussi, comme dans toute série, les "méchants", ceux qui ourdissent les plus vils complots contre la
nation américaine. Clairement identifiés dès le départ, ou révélés pendant la saison, ils sont tous décidé à remplir leur mission, et ont tous un obstacle commun : Jack Bauer.
Et puis il y a ceux que l'on adore détester, parce que trop cruche, trop strict, trop mono-expressif, mais
qui, quand on ne les voit plus, nous manquent quand même un peu.
3/ Les intrigues
24 est ce que l'on peut appeler une série "à tiroirs". En effet, il n'y a pas une mais plusieurs
intrigues dans une saison (à l'exception des deux minis-épisodes Redemption). Intrigues qui de plus ne concerne pas exclusivement l'enquête, mais peuvent concerner plusieurs personnages
secondaires entre eux. Tout en conservant un lien avec la trame principale.
24 ne nous aura rien épargné. De la menace d'un attentat contre un candidat à la présidentielle américaine en
passant par une explosion atomique en plein Los Angeles, jusqu'à la destruction en vol d'Air Force One, les auteurs n'ont protégé aucun symbole de l'Amérique, allant même jusqu'à abattre un
ex-président.
Enfin, quelque soit la menace originelle, le scénario revient toujours vers un complot à l'intérieur même du
pouvoir en place. Les auteurs nous plongent dans les arcanes du système politique américain, et des luttes de pouvoir et petits arrangements qui cohabitent entre hommes politiques, conseilles et
lobbyistes.
4/ Des méthodes contestées, mais contestables ?
Ce qui marque le téléspectateur tout au long de ces 8 saisons, ce sont entre autre les méthodes employées par
Jack Bauer pour obtenir les informations dont il a besoin, y compris par des méthodes condamnées par l'ensemble des systèmes pénaux occidentaux, à savoir l'usage de la torture.
Cependant, comme pour tous les sujets abordés dans les différentes saisons, il ne faut pas avoir une lecture
simpliste de la série, et porter un jugement hâtif tel que "la torture c'est mal" ou encore "les politiciens ou leurs conseillers sont tous corrompus".
Certes, il ne s'agit que d'une fiction, mais les différentes histoires racontées évoquent toutes des
philosophies politiques souvent opposées, parfois complémentaires. Et l'une des force de cette série post-11 septembre est d'inciter le spectateur à s'interroger sur les moyens à mettre en œuvre
pour garantir la sécurité nationale. A noter qu'il faut quand même disposer d'un bon bagage sur les institutions américaines pour bien saisir leur fonctionnement.
5/ Les Acteurs
Lors de la 1ère saison, seuls deux acteurs étaient connus du grand public : Kiefer Sutherland et
Dennis Hopper. Le reste du casting était, pour la plupart du grand public, des inconnus. De plus, recourir à des acteurs habitués aux seconds rôles permettait de pouvoir les faire disparaître
plus facilement.
Mais quelques uns ont pu sortir du lot, de par leurs apparitions récurrentes, ou l'évolution de leur
personnage. En premier lieu, un nom me vient à l'esprit. Mary Lynn Rasjkub, qui jour le personnage de Chloé O'Brian. Et avec Jack, c'est elle qui me manque le plus. Car quelle évolution depuis le
personnage naïf, limite gourde, que l'on a vu apparaître au début de la saison 3, et la Chloé de la saison 8 ! Rien que l'évolution de ce personnage justifie le visionnage de l'intégralité de la
série. Et si Mary Lynn me tient tant à cœur, c'est aussi peut être parce que, grâce à Twitter, elle nous a fait vivre 24 vu des coulisses.
Un mot aussi sur Glenn Morshower, qui joue le rôle de l'Agent du Secret Service Aaron Pierce. Habitué aux
seconds rôles dans les séries, il apparaît dans presque toutes les saisons de 24. Avec Jack et Chloé, c'est l'un des personnages les plus droits, les plus honnêtes et les plus engagés de
la franchise.
Pour découvrir les autres, il ne reste plus qu'une chose à faire … Voir ou revoir l'ensemble des huit saisons
de 24, et/ou découvrir d'autres supports qui permettent d'approfondir ses connaissances sur l'univers
de cette série, qui restera dans l'Histoire de la Télévision.
Et ce, sans tarder !
J'oubliai, une petite
note (très) personnelle pour remercier l'ensemble du cast qui, depuis 2 ans, nous fait suivre les coulisses de la série via Twitter. Outre Mary Lynn Rajskub, déjà citée, j'ai une pensée pour
Marci Michelle, répétitrice-dialogues, et aussi actrice dans quelques épisodes, pour toutes les photos drôle, émouvantes ou anecdotiques, partagées avec la communauté Internet.