Le Parc c'est magique

Publié le par Gilloux99

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Samedi 6 août, aux environs de 20h00. Le ciel est menaçant sur la Porte de Saint-Cloud. Des dizaines de camions bleus et blancs, gyrophares sur le toit, ont envahis la place. Et la foule, nombreuses et bigarrée, se dirige comme un seul homme vers le même lieu : le Parc des Princes, duquel la clameur de la foule s'élève déjà, chauffée par le speaker.

Puis l'émotion arrive, d'un coup, comme un pavé dans la gueule d'un CRS. Ce lieu est magique. Du vieux vélodrome, il ne reste rien. Tout au plus on en devine la forme. Mais ce qui fait la magie de cet écrin, c'est son histoire. Théâtre de dizaines de Finale de Coupe de France, mais aussi de concerts, le Parc évoque pour moi l'élimination de la France pour la Coupe du Monde 1994 ou encore ma première finale de Coupe de France, Saint Etienne-Bastia, j'avais 6 ans, et j'étais fan des Verts. Mais le plus beau restera à jamais la victoire de l'Equipe de France, à la maison - au Parc- lors de l'Euro 1984.

Je viens de dire que j'étais fan des Verts, normal, l'équipe de Platini, Kurkovic, Lacombe, Larqué ou encore Rocheteau. Mais j'ai passé ma jeunesse à Paris, et Paris, c'est le PSG. Parce que Rocheteau, parce que Bats, parce que Susic ou encore Fernandez … Bref, vous l'avez compris, si une petite partie de mon cœur est dans le chaudron de Geoffroy-Guichard, la grande partie de mon âme est à Paris, et à son Parc.

Ce soir, pour moi, c'était un première. Parce que malgré plus de 30 ans passé à vivre à 10 kilomètres du Parc, il aura fallu attendre que je passe 7 ans en Picardie, et que je revienne vivre en Région Parisienne, pour voir mon premier match dans ce lieu magique. Grâce à ma sœur, qui aurait dû m'accompagner, mais qu'un violent mal de dos a cloué au lit.

Pourquoi j'ai attendu si longtemps ? Parce que le foot et moi, c'est un peu une histoire d'amour et de haine. J'ai vibré avec la bande à Platini entre 1980 et 1986. J'ai presque pleuré quand Kostadinov a balayé nos rêves de mondial au pays de l'Oncle Sam. J'ai tremblé de peur en ce soir du 12 juillet 1998 avant la délivrance, et j'ai eu honte lors de la révolte de Knysna. Quant au championnat national, n'en parlons pas. Donc je suis un amateur, qui aime voir un beau match, mais sans plus.

Je ne parlerai pas du match de ce soir, je ne suis pas assez spécialiste. Et j'ai suffisamment entendu de Raymond Domenech du dimanche ce soir pour ne pas moi, à mon tour, m'y mettre. Par contre, je vais évoquer en quelques mots ce que j'ai ressenti de cette "première".

Parlons tout d'abord des choses qui fâchent. Fan de sports hockey sur glace depuis bientôt 15 ans, et de NFL depuis maintenant quelques années, j'ai toujours aimé vivre ce moment, juste avant une rencontre de hockey, où les deux équipes se font face, où le public fait silence, et où résonne dans la patinoire l'hymne américain et/ou canadien. Je ne comprends pas, alors qu'on nous casse les oreilles avec le sentiment national, que lors d'un match de Ligue 1, La Marseillaise ne soit pas chantée. Au fil tu temps, ca nous ferait encore plus sentir, qu'on soit black, blanc ou beur, qu'ont appartient tous au même pays, dont on va regarder un match du championnat national. C'est pas grand-chose, et ca nous rapprocherait un peu plus les uns des autres.

Mais le plus choquant, c'est le non-respect de l'adversaire. A longueur de match, on entend des "EENNCCUULLÉÉ" dès que le gardien touche le ballon, ou lors d'un coup-franc. Sans parler des "AUX CHIOTTES L'ARBITRE" parce que, à 200 mètres, le fan de base a mieux vu que l'arbitre pourtant à deux mètres qu'il y avait faute. No comment. Ca me choque parce que, il y a une dizaine d'années, quand j'ai vu mon premier match au Centre Molson à Montréal, c'était les Sénateurs d'Ottawa contre les Canadiens de Montréal. Pour résumer, un PSG-OM. Et bien j'ai jamais entendu de noms d'oiseaux, les supporters des deux équipes étaient mélangés. Et quand un bel arrêt était fait, les 21 000 personnes présentent applaudissaient … Qu'importe la couleur du maillot du gardien. Bon, cela dit, à Montréal, ils ont une spécialité … Siffler leurs propres joueurs ! C'est surprenant, mais ca passe.

Mais il y a tant de choses positives … L'ambiance, chaleureuse au point d'en faire oublier la pluie et la froide nuit d'été. Ou encore ces gens, qui prennent du plaisir à venir voir jouer un match. Je n'oublierai pas les charmantes demoiselles, habillées des pieds à la tête aux couleurs du PSG, et qui ne font pas que suivre leur homme au stade (quand ce n'est pas monsieur qui suit !). Et que dire de cette adorable pitchoune, boucle d'or d'à peine 5 ans, debout sur son siège, qui exhibait fièrement son maillot du club. Car les familles reviennent au Parc, et l'odeur fétide de certains bas du front n'empeste plus les gradins. Et même si les chants ne sont pas d'un haut niveau intellectuel ("Ici, c'est Paris" – "Merci gars, je pensais être à Bordeaux …"), le public les entonne en chœur pour pousser les joueurs, et montrer à l'adversaire que le 12ème homme est bien là. Enfin, un dernier mot sur l'organisation, parfaite. Et pour les forces de l'ordre, suffisamment présentes, mais de manière discrète, pour dissuader les éventuels fauteurs de trouble, et ne pas gâcher la fête.

En un mot, c'est sur que j'y retournerai ! Paris c'est Magique, mais le Parc aussi, c'est Magique !

Publié dans The Arena

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