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Depuis jeudi soir, rien ne va plus au Royaume des Bleus. A la mi-temps, Nicolas Anelka aurait proféré des insultes à l'encontre du sélectionneur national Raymond Domenech.
Sur le fond, peu importe les mots. La vie du groupe génère parfois des tensions, exacerbées en cas de mauvais résultats. Ce ne sont que des êtres humains, il nous arrive tous de déraper. Par contre, je vais peut être passer pour un vieux con, mais quand on commet une erreur, une boulette, on s'excuse. Et ca, Monsieur Anelka, ne pas s'excuser devant son supérieur, ce n'est pas admissible.
On s'attendait déjà à un naufrage sportif, mais qu'est ce qui a pu mener à une telle catastrophe, qui réussi à éclipser toute autre actualité nationale ou internationale, dont des évènements beaucoup plus dramatiques liés aux inondations dans le Var ?
Le Groupe France en tout premier lieu. Enfin, pour être exact, il faudrait parler d'un ensemble d'individualités qui, dans le meilleur des cas, se réunissent en clan pour faire la Loi dans la classe, un peu comme les caïds des bacs à sable que l'on a connu quand on était en primaire. Sur les 23 joueurs sélectionnés par Raymond Domenech, tous, à l'exception de Gignac (Toulouse FC) et Cissé (Panathinaïkos) jouent dans des grands clubs européens. Mais sont incapables de jouer ensemble sous le maillot bleu.
La Fédération Française de Football et le staff de l'Equipe de France ensuite, qui semblent incapables de créer un groupe, de fédérer 23 individualités pour les motiver afin d'avancer ensemble pour remporter le plus prestigieux des trophées en sport collectif. Une fédération nationale qui avait déjà reconduit un sélectionneur décrié au crépuscule de l'Euro 2008, et qui n'a jamais su communiquer de manière efficace ni travailler efficacement avec la presse. Je veux bien entendre qu'il y ait pu y avoir un traumatisme envers la presse sportive, notamment suite à la campagne anti-Jacquet qui a précédé le Coupe du Monde de 1998, mais d'une part, c'était il y a 12 ans, et d'autre part, il faut savoir utiliser la presse. Et ne surtout pas croire qu'une Coupe du Monde remportée il y a 12 ans va les empêcher de jouer son rôle, informer le public. Mais tous les politiques savent qu'il faut parfois donner un peu aux journalistes pour parfois obtenir leur clémence dans les moments plus difficiles.
Le Sport Business sans filet, ou presque. Aujourd'hui, les salaires des joueurs atteignent des sommes presque indécentes. Certes, j'ai toujours considéré qu'un sportif de haut niveau peut être très bien payé. Le problème à mon avis n'est pas là. Il est dans la mentalité des joueurs, qui semblent avoir perdu non seulement tout contact avec la réalité, mais surtout, semblent ne plus avoir aucune valeur. J'entendais un journaliste dire hier qu'il faut, lors de la formation des sportifs, en faire des hommes, qui savent se servir de leur cerveau. Parce que passer d'une banlieue à la dernière Audi R8 ou R10 en quelques années, ca ne se fait pas sans laisser de traces. Oui, les Platini, Giresse, Kopa ou Fontaine, pour ce citer qu'eux (et pardon aux autres), ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche. Mais leurs parents leurs ont transmis une éducation et des valeurs qui semblent avoir aujourd'hui disparues des terrains.
La Presse ? Non, je ne suis pas sûr qu'elle ait quelque chose à voir dans ce désastre. Comme évoqué plus haut, la presse est un outil de communication qu'il faut apprendre à gérer, à canaliser, pour avoir sa clémence et son soutien dans de tels moments. Et je ne suis pas sûr que le traitement qui lui a été réservée par le Groupe France l'ait incité à la clémence.
Enfin, pourquoi je réagis, moi qui ne suis pas fan de foot ? Parce que depuis tout petit, j'aime l'Equipe de France de foot. Je me rappelle encore ce soir de juillet 1982, où j'ai
hurlé lors de l'agression de Battiston par Heinz Harald Schumacher. Je me rappelle aussi ce soir d'automne grisâtre de 1993, où un certain Kostadinov a rayé nos espoirs de Coupe du Monde aux USA.
Enfin, je me rappelle de ce 12 juillet 1998, où j'ai tremblé, espéré puis pleuré de joie après la victoire contre le Brésil.
Mais avant tout, je respecte et défend les valeurs du sport, et voir de tels comportements de merde me révulse au plus haut point. J'en ai marre de voir que des gens s'attendent à des acquis alors que le maillot bleu est un honneur. C'était mon coup de gueule de cette Coupe du Monde, qui ne présente quasiment plus aucun intérêt à mes yeux.
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